Couches Lavables, Covid19 et déconfinement : le bon sens s’impose !

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J’entends ici et là que certains parents se questionnent sur le déconfinement et l’usage des couches lavables ! Ou plutôt que certains professionnel(le)s (assistant(e)s maternel(le)s, structures d’accueil petite enfance…) les sollicitent à ce sujet. Professionnel(les) qui souhaitent privilégier, ou plutôt imposer, les couches jetables aux enfants qu’ils ou elles vont de nouveau « garder » post confinement ! Cela, sous prétexte de gestes barrières ou par mesure de précaution afin d’éviter la propagation du Covid19 !

Les parents, soucieux à la fois de la santé de nos enfants, de notre planète, ont précisément besoin de savoir comment se positionner !

Comment rassurer ces professionnel(le)s qui sont également soucieux de la santé des enfants dont ils ont la charge d’une part et de leur propre santé d’autre part ? Comment répondre à leurs préoccupations ?

Notons en préambule que dans le plan d’action du déconfinement pour les modes d’accueil du jeune enfant(1), publié par le gouvernement, à aucun moment il n’est précisé que les couches lavables sont à proscrire. Il est juste indiqué, entres autres, qu’une “attention renforcée est requise pour le change”

Que sait-on sur la propagation du Covid19 ?

Au sujet de la transmission on peut lire sur le site du gouvernement(2)que :

– « La maladie se transmet par les gouttelettes (sécrétions invisibles, projetées lors d’une discussion, d’éternuements ou de la toux). On considère qu’un contact étroit avec une personne malade est nécessaire pour transmettre la maladie : même lieu de vie, contact direct à moins d’un mètre lors d’une discussion, d’une toux, d’un éternuement ou en l’absence de mesures de protection.

Un des autres vecteurs privilégiés de la transmission du virus est le contact des mains non lavées ou de surfaces souillées par des gouttelettes.

– C’est donc pourquoi les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale sont indispensables pour se protéger de la maladie. »

En complément on peut lire sur le site doctissimo(3) « La transmission interhumaine, c’est-à-dire de personne à personne, a rapidement été confirmée. La maladie se transmet par les voies respiratoires, par les postillons (éternuements, toux). »

Que penser d’une possible transmission par voie fécale ?

Le quotidien du médecin(4) rapporte le 12 mars dernier une suspicion de transmission par voie fécale dans une étude chinoise.

« Les résultats les plus significatifs de cette étude ont été obtenus avec les échantillons issus d’un lavage bronchoalvéolaire : les taux positifs s’élevaient à 93 % (14 échantillons sur 15). Suivaient les expectorations (72 % avec 72 échantillons sur 104), les prélèvements nasaux (63 %, 5 sur 8), la biopsie bronchique (46 %, 6 sur 13), les échantillons pharyngés (32 %, 126 sur 398), les selles (29 %, 44 sur 153) et le sang (1 %, 3 sur 307). « Aucun des 72 échantillons d’urine n’a été testé positif », précisent les auteurs.

Ces derniers soulignent la présence du virus vivant dans les selles de deux patients, « ce qui laisse penser que le SARS-CoV-2 peut être transmis par voie fécale », indiquent les chercheurs. ».  Soit 1.3% des patients dont les selles ont été prélevées ?

A l’inverse étude allemande, quant à elle rapportée sur Santé log(5), précise que « Les chercheurs ont également collecté des échantillons de selles, de sang et d’urine chaque fois que cela était possible. Tous les échantillons prélevés ont été testés pour le SRAS-CoV-2 par 2 laboratoires différents et indépendants. […]Le SRAS-CoV-2 se réplique aussi dans le tractus gastro-intestinal, suggèrent les auteurs qui, néanmoins n’ont pu isoler aucun virus infectieux des échantillons de selles des patients. Aucun des échantillons de sang et d’urine n’a, non plus, été testé positif au virus. »

Alors que penser de ces conclusions contradictoires ?

Notons par ailleurs que dans le plan d’action de déconfinement du gouvernement, cité ci-dessus, à aucun moment n’est avancé une possible contamination par les selles !

Si une transmission par voie fécale semble possible, pour une des deux études, pour un peu plus de 1% des personnes porteuses du Covid19 qu’est ce que cela peut impliquer au niveau des gestes barrières ?

Le bon sens nous pousserait à conseiller aux personnes en contact avec des selles de personnes potentiellement infectées ou tout simplement avec des selles ne pas porter leurs mains à leur visage.

Ou alors tout simplement de le faire après s’être préalablement laver les mains!

Et dans le cas précis des changes des enfants !

Encore une fois le bon sens s’impose : couches lavables ou couches jetables, même combat. Les professionnel(le)s de la petite enfance n’ont pas plus de risque d’être en contact avec les selles d’un enfant en lavables qu’en jetables !

Si ces professionnelles pensent prendre des risques en étant en contact des selles des enfants, en jetables ou en lavables, alors qu’elles se lavent les mains au savon. Nul doute qu’elles faisaient déjà j’imagine avant le covid19 !

A ce propos, une idée reçue largement répandue est que seule la température de l’eau  à la capacité de « tuer » virus et bactéries. Or celle-ci est fausse !

Avez- vous essayé de vous lavez les mains à plus de 50°, 60° ou 90° ?

La preuve en ces temps de Covid19, un des gestes barrières recommandé comme étant le plus efficace est justement le lavage des mains. Avez- vous essayé de vous lavez les mains à plus de 50°, 60° ou 90° ?

D’ailleurs selon un avis du 1er octobre 2003(6) de CSC (Commission de Sécurité des Consommateurs) qu’il faut :

« – 3 secondes (7 pour un adulte) pour causer à un enfant une brûlure du 3ème degré avec de l’eau à 60°C,

– 1 minute (8 pour un adulte) si l’eau est à 50°C. Cette température peut donc constituer la limite ».

Mentionnons que ce même avis note qu’« afin d’éviter ces brûlures il convient de pouvoir maintenir la température maximale de l’eau chaude sanitaire à 50°C. »

A ce titre les préconisations officielles du lavage des mains(7) ne précise à aucun moment le lavage à l’eau chaude, seulement à l’eau avec du savon. C’est bien dans ce cas précis à la fois :

  •           – l’action mécanique (frottement des mains),
  •           – l’action chimique (du savon qu’il soit naturel ou non, c’est bien d’une action chimique dont il est question !)
  •           – et le temps de lavage,

qui vont compenser la température de l’eau.

Combien de temps survit le covid19 ?

C’est peut être bien la question centrale !

Une étude publiée dans le New England Journal of Medecine et rapportée ici(8) permet de faire le point.

D’après cette étude, la durée de vie du coronavirus sur du cuivre, qui compose par exemple les pièces de monnaie, pourrait aller jusqu’à 4h. Sur du carton, cela pourrait aller jusqu’à 24h. Tandis que sur du plastique ou de l’acier inoxydable, le virus du Covid-19 pourrait subsister jusqu’à 2 ou 3 jours. Et sur les vêtements ? 12 heures.

durée de vie covid19

Photo : Passeport Santé

Beaucoup plus de risques donc de survie du virus sur une couche jetable, qui rappelons le est constituée pour une plus grand part, que la couche lavable, de matière plastique.

Pour les couches lavables l’enveloppe externe (culotte de protection) est souvent en PUL, (polyuréthane laminé) donc matière plastique. L’élasthanne, le polypropylène ou encore le polyéthylène, matières plastiques par excellence constituent l’enveloppe externe des couches jetables.

Polypropylène, polyester et polyacrylate de sodium sont notamment les constituants  des coussins absorbants des couches jetables. De leur côté les absorbants des lavables sont souvent issus de matières naturelles : coton, chanvre ou encore bambou. Même si dans le cas des matières plus synthétiques comme la microfibre ou la polaire par exemple, sont également possibles.

C’est encore le bon sens, il semble, de considérer que le risque est plus important pour les jetables en termes de transmission du virus. La durée de vie du virus  étant donc supérieure sur les plastiques…

Qu’est t-il préconisé pour le lavage des textiles ?

Et le lavage me direz-vous? Quelles sont les préconisations officielles ?

Concernant le linge, plusieurs médias comme BFM TV(9) ou Sciences et Avenir(10) conseillent le lavage à 60°C. Pour cela ils s’appuyent sur un avis du Haut conseil de la santé publique (HCSP) du 18 février 2020. Dans cet avis, le HCSP note que «selon Santé Canada et par analogie avec Sars-CoV et Mers-CoV, un cycle en machine de trente minutes à 60°C serait de nature à détruire ces virus. Par précaution, l’ECDC propose une température de 90°C». Rappelons juste que ces recommandations du HCSP le sont dans un avis « relatif au traitement du linge, au nettoyage d’un logement ou de la chambre d’hospitalisation d’un patient confirmé à SARS-CoV-2 et à la protection des personnels »(11)

Ces préconisations de lavage du linge à l’ensemble de la population comme dans le cas d’un patient confirmé Covid19 ne sont -elles pas exagérées ?

Qui peut le plus peut le moins, c’est certain !

Les fondamentaux du lavage du linge

Quelles sont les règles basiques du lavage du linge ?

C’est dans la pratique des professionnels du lavage des textiles qu’il faut aller chercher la réponse.

En effet le cercle de Sinner nous apprend :

4 paramètres indissociables sont primordiaux pour l’obtention d’un lavage optimal.  Le temps (ou durée de contact), la température, l’action mécanique et l’action chimique,

– et surtout qu’à chaque fois que vous diminuez un des 4 paramètres, il faut que un ou plusieurs des trois autres paramètres viennent compensés cette diminution …

4 paramètres indissociables et primordiaux

Détaillons rapidement ces 4 paramètres :

– Le temps. Contrairement aux idées reçues, un cycle long ne consomme pas plus d’énergie qu’un cycle court. Il permet surtout des temps de trempage qui maximisent l’efficacité du produit lessiviel (effet chimique) et des frottements (effet mécanique)

– La température. Si vous optez systématiquement pour des cycles à basses températures, vous devrez obligatoirement compenser par un ou plusieurs autres facteurs. C’est à dire plus de chimie, plus de frottement et/ou plus de temps ! Et c’est le textile qui définit souvent le choix de la température…

clip_image004Photo : Bernard Raja

– L’action mécanique. Le lave-linge reproduit le geste de la lavandière. C’est pour cette raison qu’il est important de faire des machines à pleine charge. Par pleine charge on entend remplissage à 80% environ du tambour. Cela permet des frottements mécaniques plus importants.

– L’action chimique : le produit lessiviel. Et là vous avez le choix entre une lessive plus ou moins « chimique». Plus ou moins bio dégradable. Ou plus ou moins écologique. Et le choix bien entendu de la dosée plus ou moins !

De quoi être rassuré !

D’ailleurs pour nous conforter sur ce principe nous pouvons lire ce qui suit dans dans 60 millions de consommateurs(12) “« Laver à une température inférieure [à 60°] exigera un nettoyage plus long pour espérer atteindre la même efficacité », indique Karine Gautier, du Laboratoire de physique et mécanique textiles. Cette enseignante-chercheuse a collaboré à l’élaboration du référentiel de l’Afnor, plus particulièrement sur les techniques de destruction du coronavirus.”

Si vous optez pour un lavage à 40°! Il suffira donc de compenser cette basse température par exemple par un cycle plus long. 1h30 au minimum étant l’idéal… De quoi être rassuré !

En résumé : le bon sens s’impose !

En résumé pour rassurer votre assistant(e) maternel(le) ou tout autre personne qui doit « garder » bébé :

– Le contact des mains non lavées ou de surfaces souillées par des gouttelettes est le miode de transmission essentiel par le coronavirus. Cela implique la mise en place des gestes barrières conseillées par le gouvernement. Et notamment le lavage de mains régulier dans ce cas précis.

– Le mode de transmission par les selles est hypothétique à ce jour. Le cas échéant le contact avec les selles de bébé n’est pas plus fréquent avec les couches lavables qu’avec les couches jetables. Cela nécessite également un lavage des mains régulier.

– La durée de vie du covid19 est plus longue sur le plastique que sur des matières textiles naturelles. Rappelons que le plastique est un des constituants majeurs de la grande majorité des couches jetables.

– Une température de 40° en cycle long (plus de 1 heure) garantit une efficacité de lavage. Efficacité identique à une température de 60° en cycle court. Adaptez donc votre température en fonction de la fragilité de vos couches. Et des préconisations du fabricant ou de la créatrice ! Respectez le principe du cercle de Sinner !

J’espère que ces quelques éléments et précisions vous permettront de contribuer à stopper le virus de la peur. A première vue, ce dernier est certainement, je pense, au moins aussi dangereux que celui du covid19 !

Crédit photo : image gratuite de Ivabalk sur Pixabay

Sources

(1) Direction Générale de la Cohésion Sociale et la Direction Générale de la Santé, GUIDE MINISTERIEL COVID-19 Modes d’accueil du jeune enfant, 06/05/2020

(2) https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

(3) Morgane Garnier, Coronavirus Covid-19 : symptômes, diagnostic, traitement… Tout ce qu’il faut savoir, Doctissimo Santé, 10 juin 2020

(4) Elsa Bellanger, Lavage bronchoalvéolaire, crachat, sang, selles, urine : une étude décrit la localisation du Covid-19 chez 205 patients confirmés, Le quotidien du médecin, 12/03/2020

(5) Equipe de rédaction SantéLog, COVID-19 : Un cap 8 à 10 jours après l’apparition des symptômes, SantéLog, 06/04/2020

(6) Commission de la sécurité des consommateurs, avis relatif au danger de brulure présente par l’eau chaude sanitaire domestique, 1er octobre 2003

(7) Gouvernement, Vidéo « Comment faire un lavage de mains efficace »,20 mars 2020

(8) Rédaction de passeport Santé, Plastique, aliments, tissus, bois… combien de temps survit le coronavirus sur les surfaces ?, Passeport Santé, 21 mars 2020

(9) Clarisse Martin, Coronavirus: comment laver son linge pour éradiquer le Covid-19?, BFM TV, 26 mars 2020

(10) Sylvie Riou-Milliot, Covid-19 : quelle température pour détruire le virus ?, Sciences et Avenir, 4 avril 2020

(11) Haut Conseil de la Santé Publique, Coronavirus SARS-CoV-2 : nettoyage du linge et des locaux d’un patient confirmé et protection des personnels, 18 février 2020

(12) Nina Schretr, Entretenir un masque en tissu : nos réponses à vos questions, 60 millions de consommateurs, 12 mai 2020

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